Des PPR au cœur des découvertes! Entrevue avec Marie-France Paquette: Une embassadrice parmi les PPR!

8 novembre 2011 - Marie-France Paquette est professionnelle de recherche à l'Institut d'éthique appliquée (IDÉA). Elle est l'adjointe du directeur de l'Institut sur le campus de l'Université Laval. Entrevue avec une professionnelle de recherche passionnée...


Quel a été ton parcours professionnel?
Mon parcours professionnel a été plutôt varié. J’ai travaillé dans le domaine de l’édition, de la librairie, du patrimoine vivant, comme recherchiste à la CADEUL et à l’AELIÉS… et bien d’autres postes! Alors que j’étais de retour à l’université, inscrite au Diplôme d’études supérieures spécialisées en éthique appliquée (DESS), j’ai reçu un appel du bureau du juge en chef de la Cour du Québec qui cherchait une téléphoniste-réceptionniste. Bien que ce poste ne soit pas dans mon domaine, je n’ai jamais regretté cette expérience. J’y ai passé là quelques années. J’ai aussi travaillé comme conseillère en éthique à la Commission de l’éthique en science et en technologie. C’est ce poste que j’ai quitté pour devenir PPR à l’IDÉA!

Qu'est-ce que l’IDÉA?
L’IDÉA est un regroupement de professeurs chercheurs issus de quatre universités (Laval, Université du Québec à Rimouski, Sherbrooke et l’École nationale d’administration publique à Montréal) ainsi que des étudiant(e)s de cycles supérieurs de l’Université Laval dont le projet de mémoire ou de thèse est dans le domaine de l’éthique, afin de pouvoir échanger et faire un transfert de connaissances. À ceci s’ajoutent des membres associés, une catégorie où on retrouve des professeurs retraités, mais aussi des personnes qui travaillent dans le domaine de l’éthique. De façon succincte, on pourrait dire que le rôle de l’Institut est de chercher à faire le lien entre les besoins de formation, de conseil et d’animation des débats publics qui sont exprimés par la société et la recherche en éthique menée au sein des institutions universitaires.

Il existe un cliché à l’effet que les PPR se retrouvent principalement dans le domaine des sciences. Que fait une professionnelle de recherche dans une faculté de philosophie?
Mon travail est extrêmement varié et me permet de mettre à profit les compétences acquises dans mes emplois précédents. Il n’y a qu’une personne employée à l’Institut et c’est moi. Je suis donc l’adjointe du directeur de l’IDÉA, Monsieur Luc Bégin. Je peux donc dans une journée me pencher sur le budget de l’IDÉA, travailler à la publicité d’une conférence midi, lire attentivement le formulaire d’une demande de subvention, mettre à jour le site Web, rédiger le compte rendu d’une réunion et j’en passe! C’est extrêmement varié comme tâche.

Par ailleurs, je comprends mal ce « cliché », il y a de la recherche ailleurs qu’en sciences! Et la recherche en milieu universitaire ne se fait pas obligatoirement dans un laboratoire avec un microscope (pour reprendre un autre cliché).

Quels sont les sujets traités lors des conférences de l’IDÉA?
Les sujets peuvent être assez variés. À titre d’exemple, la première conférence midi de l’automne était présentée par Madame Lyne Létourneau qui est membre de l’IDÉA et professeure au département de sciences animales de l’Université Laval. Le titre en était « Modifier le vivant à des fins agroalimentaires : le débat sur les OGM en cacherait-il un autre? ». Cette conférence s’inscrivait aussi dans le programme du cours « Éthique et professionnalisme », dispensé à l’Université Laval.

Le 9 novembre prochain aura lieu un atelier multidisciplinaire sur la responsabilité morale et criminelle, organisé en collaboration avec la Chaire La philosophie dans le monde actuel. Il s’agit d’ailleurs de l’initiative du cotitulaire de la chaire, Monsieur Jocelyn Maclure, qui est aussi membre de l’IDÉA.

Sur quels projets travailles-tu présentement?
Il existe actuellement deux projets sur lesquels nous travaillons (en plus de nos activités habituelles : conférences midi, colloques, ateliers de travail, etc.) : mettre sur pied des journées de formation continue ainsi qu’une école d’été. La clientèle pour ces activités se recrutera principalement auprès des membres d’ordres professionnels, des praticiens qui s’occupent du dossier de l’éthique dans leurs milieux de travail, ou a toute personne intéressée par les sujets abordés.

Les PPR expriment souvent le fait qu’ils travaillent seuls et c’est également ton cas. Comment arrives-tu à trouver la motivation et l’énergie pour accomplir ton travail?
Je ne peux pas dire que je me sente vraiment seule. Je suis tous les jours en contact avec le directeur de l’IDÉA et la grande variété de mon travail fait en sorte que j’ai à interagir avec bien des gens. Mes journées sont bien remplies alors je n’ai pas à chercher très loin ma motivation. En fait, j’adore mon travail et je m’entends extrêmement bien avec mon patron. Je n’en changerais pour rien au monde!
De plus, pour avoir travaillé au gouvernement, dans un bureau entouré de paravents, je trouve que c’est un grand avantage d’avoir un bureau fermé!

Peux-tu nous parler de tom implication au sein du Conseil syndical au cours de la dernière année?
Pour moi, il est essentiel de m’impliquer, je ne peux pas m’en empêcher! J’avais déjà une expérience du mouvement syndical, ayant été présidente du syndicat des Renaud-Bray de la région de Québec et vice-présidente du syndicat des employés de la Librairie coopérative du Cégep de Ste-Foy. C’était donc tout naturel pour moi de « répondre à l’appel »!

De plus, je considère qu’il est essentiel de participer aux activités d’un syndicat qui cherche à améliorer mes conditions de travail. Il ne faut pas oublier qu’un syndicat est là pour ses membres alors il faut bien que les membres se manifestent!

On sait que tu participes à la course pour la vie CIBC en collaboration avec la Fondation du cancer du sein du Québec. Cette année, tu as été nommée ambassadrice des survivantes pour la Ville de Québec. Peux-tu nous expliquer quelles sont les raisons qui te poussent à t’impliquer dans la cause du cancer du sein et qu’en retires-tu?
C’est tout d’abord très émouvant d’en arriver là. Lorsque je suis allée chercher pour la première fois mon t-shirt rose de survivante, en 2009, j’étais extrêmement émue. Je revenais de loin ! C’est donc important pour moi de m’impliquer, de faire en sorte que cette expérience du cancer devienne positive. Tous nos efforts réunis ne pourront faire autrement que de vaincre cette maladie, j’en suis convaincue! C’est donc mon objectif et je veux le voir de mon vivant. J’endosse pleinement le slogan de la Fondation québécoise du cancer du sein, « Croire. Se battre. Gagner ».

Photo:Fondation du cancer du sein du Québec © Gilles Fréchette
Photo prise le 2 octobre dernier lors de la course à la vie.
Marie-France Paquette est la deuxième personne à partir de la gauche.

En quoi la maladie a-t-elle changé ta vision de la vie autant professionnelle que personnelle?
Cela peut paraître étrange, mais j’ai retiré beaucoup de positif de mon expérience de la maladie, sur bien des aspects. Il y a cette période atroce où on sait que l’on a un cancer (dans mon cas deux, un dans chaque sein), mais où on se sait pas encore jusqu’où le crabe a fait son chemin. Étais-je à un stage avancé sans le savoir, en phase terminale, allais-je voir grandir mon fils? J’avais 34 ans à l’époque, j’en ai 37 maintenant. C’est bien trop jeune pour mourir! Puis j’ai su que mes cancers pouvaient se traiter. La route s’annonçait difficile, mais j’étais décidée à mener le combat.

On ne s’en rend pas compte, mais c’est fantastique de vivre une vie normale ! Je me réjouis chaque jour d’être en vie, d’avoir une belle famille, des amis et… le meilleur patron au monde! Je suis mieux dans ma peau maintenant, c’est indéniable. On a qu’une vie à vivre et elle est courte alors il est important de réaliser ses rêves et de profiter de tous les beaux moments que la vie nous offre au quotidien.

Pour en savoir plus :
http://www.idea.ulaval.ca/

Entrevue réalisée par Lucille Gagné
Adjointe à l'exécutif du SPPRUL