Des statistiques éloquentes : les emplois de PPR sont instables et de courte durée à l'UL

15 août 2014 - Les statistiques concernant les emplois de professionnelles et professionnels de recherche (PPR) sur le campus de l’Université Laval sont éloquentes : nos emplois sont généralement instables et de courte durée. Il reste beaucoup de travail à faire pour améliorer cet aspect atypique de notre travail.

Lors des deux dernières années, plusieurs syndicats sur le campus, incluant le SPPRUL-CSQ, ont eu de la difficulté à obtenir les informations concernant leurs membres. En effet, une problématique de gestion du système PeopleSoftRH de l’Université Laval limitait l’accès aux données concernant les PPR du campus. Cependant, les informations en provenance du Vice-rectorat aux ressources humaines (VRRH) recommencent à garnir nos bases de données et nous avons récemment plongé notre regard dans les chiffres. Nous vous présentons ici un portrait instantané de la situation des PPR du campus.

Au mois de mai 2014, nous avons recensé 446 PPR sur le campus de l’Université, dont 56% sont des femmes. La distribution des PPR dans les catégories d’emploi 1, 2 et 3 est respectivement de 16%, 55% et 29%. Il n’y a aucune différence significative entre les femmes et les hommes à cet égard. Nous constatons toutefois que 60% des femmes occupent un poste à temps partiel et que seulement 57% des emplois de PPR offerts sur le campus sont à temps plein. L’ancienneté des PPR sur le campus est difficile à mesurer puisque nos données ne remontent pas plus loin que 1995, année de notre syndicalisation. Cependant, l’échelon salarial d’un PPR nous donne une indication sur les années d’expériences reconnues par l’Employeur. À partir de ce paramètre, nous constatons que 80% des PPR ont huit années d’expérience reconnues ou moins. Il n’y a pas de disparité selon le genre, les deux courbes de distribution féminine et masculine se chevauchant parfaitement.

La durée des contrats signés par les PPR révèle une problématique consternante : seulement 20% des PPR s’engagent pour des emplois d’un an ou plus. Sinon, 5% des PPR ont un contrat de moins d’un mois, 20% en ont un d’un à trois mois, 33% en ont un de trois à six mois et 23% signent pour six à douze mois. Autrement dit, environ 80% des PPR signent pour des contrats de moins d’un an.

Ces données montrent à quel point les conditions de travail des professionnelles et professionnels de recherche sont précaires sur le campus de l’Université Laval. Vous avez certainement croisé cette publicité de l’Université Laval où on peut lire : PropULsé au sommet par la recherche. Oui, c’est vrai! La recherche universitaire nous amène au sommet et à la fine pointe de la production des connaissances. Malheureusement, cette expérience risque d’être de courte durée pour la majorité des PPR de l’Université Laval.

De ce genre de constat découle l’essence même de l’existence du SPPRUL-CSQ. Nous sommes un jeune syndicat, nous avons fait beaucoup de chemin ensemble, il y a eu des gains majeurs, mais il reste énormément de travail à faire pour renverser la structure actuelle de la recherche universitaire qui mène systématiquement à des emplois précaires. Nous sommes convaincus que nous pouvons amener une meilleure reconnaissance du travail des PPR au Québec et aspirer à des emplois stables.