Le SPPRUL-CSQ réagit aux mises à pied de PPR ayant 25 ans d'expérience dans les centres affiliés

4 août 2014 - La recherche fondamentale au Québec vit des moments plus que difficiles. Les coupures dans le financement de la recherche autant du côté fédéral que provincial font mal. Récemment, le gouvernement provincial coupait 30 ans d’appui à l’innovation au Centre Québécois de Valorisation des Biotechnologies (CQVB), entraînant ainsi sa fermeture le 31 juillet 2014. Le président du CQVB, monsieur Richard Cloutier, écrit sur ce sujet : « La capacité d’innover n’est pas une mode, mais une obligation dans un Québec ralenti par les compressions budgétaires et l’élimination des ressources. »

Au SPPRUL-CSQ, nous parlons de l’élimination des ressources, mais aussi de la perte d’expertise. Que ce soit dans les centres affiliés de Saint-François d’Assise et de l’Hôtel-Dieu de Québec, sur le campus de l’Université Laval ou ailleurs dans les universités et centres de recherche de la province, ce sont les trois quarts des professionnelles et professionnels de recherche (PPR) qui ont neuf ans et moins d’ancienneté auprès de leur employeur.

Curieusement, la direction scientifique du CRCHU de Québec semble avoir peu de moyens pour éviter la perte d’expertise de grande valeur, et ce, même si cette perte peut affecter la qualité de sa recherche sur ses divers sites (Saint-François d’Assise, l’Enfant-Jésus, Hôtel-Dieu de Québec, Saint-Sacrement er Centre hospitalier de l’Université Laval).

D’ailleurs, nous faisions récemment part à la direction de la recherche du risque imminent de mises à pied de PPR qui œuvrent depuis plus de 25 ans dans des domaines de pointe en oncologie. Que ces PPR quittent, cela soulève la consternation et l’incompréhension de la part de leurs collègues et de tous nos membres au SPPRUL-CSQ. En fait, les PPR s’attendent à ce que la direction d’un centre aussi prestigieux que le CRCHU de Québec soit là pour assurer la pérennité des emplois en recherche fondamentale. De toute évidence, c’est ce qu’il faut faire pour offrir un avenir sur le marché du travail à ces nombreux étudiants qui aspirent comme tous ces professionnels à œuvrer dans des laboratoires à la fine pointe de la technologie.

Face à cette dénonciation, la réponse du CRCHU fut laconique, référant simplement au respect des conditions inscrites aux conventions collectives permettant ces mises à pied. Pourtant, nous avions suggéré une vision agrandie de la recherche par la relocalisation de ces gens au sein des unités du grand CRCHU de Québec. Puisque le CRCHU se vante de vouloir promouvoir la mobilité de son personnel et d’être un centre de recherche unifié, pourquoi ne pas en profiter pour susciter la solidarité des chercheurs de tous les axes de recherche et ainsi préserver ces ressources humaines essentielles à l’avancement des projets?

Malheureusement, cette gestion limitée des ressources humaines en recherche ne peut plus durer. Nous avons atteint un point où il y a lieu de se questionner sérieusement sur la pertinence de poursuivre, et même d’aspirer à une carrière en recherche fondamentale au Québec.

Par conséquent, le SPPRUL-CSQ ne peut que dénoncer systématiquement les mises à pied dans ses unités Campus et Centres affiliés. Il faut faire en sorte que la société québécoise prenne conscience des drames humains qui se vivent en recherche et plus spécifiquement, que les étudiants tiennent compte du peu d’avenir que leur réserve l’étude des sciences fondamentales au Québec, malgré le vif intérêt que ces carrières soulèvent.

À ce sujet, nous avons acheminé une lettre au ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Science (MESRS), monsieur Yves Bolduc, pour dénoncer cette situation et lui transmettre nos recommandations. Élaborées en collaboration avec la Fédération du personnel professionnel de la recherche (FPPU) et le Syndicat des employé(e)s de la recherche de l’Université de Montréal (SERUM-AFPC), nous avions déjà transmis ces recommandations au précédent gouvernement. Dans cette lettre, nous informons également le Ministre que nous solliciterons, avec nos partenaires syndicaux, une rencontre pour en discuter.