Des emplois de PPR toujours précaires malgré une hausse des subventions de recherche

12 septembre 2014 - Les professionnels et professionnelles de recherche de l’Université Laval ont des emplois précaires et la direction universitaire fait peu de cas des pertes d’emplois de son personnel de recherche. Cela pourrait s’expliquer par les coupures à la recherche annoncées par nos instances fédérales et provinciales. Mais pourtant, le montant des subventions de recherche obtenues par les équipes de recherche ne cesse d’augmenter. Pourquoi le travail des professionnels de recherche, qui contribuent grandement à la productivité des équipes en place, est-il si peu reconnu?

Le Plan de développement de la recherche 2010-2014 de l’Université Laval révèle que les fonds externes de recherche pour ses 222 centres, instituts et chaires de recherche est passé de 115 M$ en 1997-1998 à plus de 270 M$ en 2009, faisant de l’Université Laval l’une des grandes universités de recherche canadiennes. Ce montant a toujours gravité autour de 307 M$ depuis.

Au Centre de recherche du Centre hospitalier universitaire de Québec (CRCHU), qui regroupe les centres de recherche du CHUL, de Saint-François d’Assise, de l’Enfant-Jésus, de Saint-Sacrement et de l’Hôtel-Dieu de Québec, le financement total de la recherche est de 82 M$ pour l’année 2013-2014. Ce montant était de 60 M$ en 2007-2008. Ces chiffres démontrent une grande productivité des équipes de recherche universitaire au Québec, dont le rayonnement est tant vanté dans les discours des ténors de nos ministères, organismes et institutions liés à la recherche. Une productivité à laquelle les PPR ne sont pas étrangers puisqu’ils font partie intégrante de ces équipes de recherche.

Un regard porté sur les conditions de travail de nos membres indique que 80% des PPR sur le campus ont des contrats de moins d’un an. Dans les centres affiliés, la pratique de renouvellement de contrat de courte durée s’avère un choix populaire également. En parallèle, le financement des projets de recherche d’envergure s’étend toujours sur des périodes de plusieurs années.

À l’Hôpital Saint-François d’Assise, l’Employeur a déposé sur la table un projet de convention collective qui offre un total de 0,25% d’augmentation salariale sur quatre ans aux PPR. Aussi, la fermeture inexplicable de l’animalerie de l’Hôtel-Dieu de Québec, qui déstabilise toutes les équipes de recherche en cancérologie et néphrologie, laisse songeur. Au CRCHU pourtant, si on additionne le budget régulier de fonctionnement du FRQS à celui réservé au développement des infrastructures, on obtient 4,5 M$ en 2013-2014 et 5,6 M$ en 2014-2015. À chaque année, des montants supplémentaires de l’ordre de 200 000$ sont également consacrés au recrutement de nouveaux chercheurs par le FRQS.

D’un côté, la recherche fondamentale brille par son excellence et ses performances. Selon le Plan de développement de la recherche 2010-2014 de l’Université Laval, la recherche génère plus de 560 brevets, 80 licences d’exploitation et 25 entreprises dérivées. De l’autre, elle offre peu d’avenir aux carrières de professionnelles et professionnels de recherche, 75% des PPR cumulant neuf ans d’ancienneté ou moins au Québec. Plus inquiétantes encore, ce sont les décisions qui, comme dans l’exemple de la fermeture de l’animalerie de l’Hôtel-Dieu de Québec ou la mise à pied de personnel hautement qualifié, détruisent les réputations et les conditions gagnantes qui ont mené à ce niveau d’excellence en recherche.

Que réservera le Plan de développement de la recherche de l’Université Laval de 2015-2020 aux PPR? Au SPPRUL-CSQ, nous avons inclus des recommandations à ce sujet. Maintenant, c’est le  temps pour nous de participer à l’élaboration de ces plans.