Destruction massive en recherche

12 novembre 2014 - Luc Caron, président du SPPRUL-CSQ, a fait paraître une lettre aux lecteurs dans le journal Le Soleil du 8 novembre 2014 concernant les fusions au CHU. Cette lettre réagissait à l'article «Réforme Barrette: des super mammouths bureaucratiques décriés» publié le 25 septembre. Voici le texte de la lettre:

«Selon le ministre Gaétan Barrette, la  formation du CHU de Québec consistant au regroupement du CHUL, de l’Hôtel-Dieu de Québec, de Saint-Sacrement, de l’Enfant-Jésus et de Saint-François d’Assise est un exemple positif.

Toujours selon le Ministre, cette fusion n’a pas donné lieu à une apocalypse ! Pourtant, le démantèlement du Centre de recherche de l’Hôtel-Dieu de Québec avec la fermeture de son animalerie est un désastre pour les équipes en place. Sans cette infrastructure de recherche, adieu les subventions de recherche, un déni total des investissements et des énergies qui ont permis la création d’un centre de recherche d’excellence dont l’existence remonte au début des années 1980 et qui a coûté des dizaines de millions de dollars.

De plus, la centralisation du pouvoir du nouveau Centre de Recherche du CHU de Québec (CRCHU) au CHUL risque de permettre à la nouvelle direction de déstabiliser impunément les autres centres de recherche qui sont situés sur les sites de Saint-Sacrement, Enfant-Jésus, Saint-François d’Assise et de l’Hôtel-Dieu de Québec. Une situation facile à comprendre puisque la recherche subventionnée au Québec, comme ailleurs dans le monde, est sujette à une compétition féroce entre les chercheurs. Ainsi, désorganiser les autres centres de recherche pour servir les intérêts de certaines équipes, voilà ce que la centralisation peut susciter.

Est-ce que la fusion actuelle a mis en place les outils nécessaires pour la destruction partisane de centres de recherche et d’équipes de recherche ? La centralisation du pouvoir pourrait-elle permettre à une poignée de décideurs au CRCHU de Québec de favoriser des groupes de recherche au détriment de tous les autres ? La fermeture de l’animalerie au centre de recherche de l’Hôtel-Dieu est-elle un signe en ce sens ? Pour toutes les équipes de recherche du CRCHU de Québec, qui ne seront pas au diapason de la nouvelle direction centralisée, doivent-elles craindre l’apocalypse ?»

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