Bonnes nouvelles pour l’avenir de la recherche

5 février 2015 - Si l’on en croit les propos de Mme D’Amours rapportés par le journal Le Soleil du 4 février 2015, le budget de la recherche de l’Université Laval sera maintenu aux alentours de 1,5 milliard pour les cinq prochaines années. À cela s’ajoute le discours du ministre Couillard et ses intentions de faire croître dans l’avenir les efforts d’une communauté universitaire mobilisée pour la recherche. Voilà un portrait positif qui nous est tracé ce matin. Cependant, deux points importants restent à éclaircir pour les professionnelles et professionnels de recherche de l’Université Laval et ses centres de recherche hospitaliers affiliés.

D’abord, pour nous, les professionnelles et professionnels de recherche, il y a un oubli important dans les propos rapportés par le journaliste concernant le Plan de développement de la recherche présenté au Conseil universitaire : beaucoup de professeurs, de chercheurs, d’étudiants aux cycles supérieurs, du personnel de soutien dépendent de ces fonds. Ne pas mentionner les professionnelles et professionnels de recherche est un manque de reconnaissance flagrant envers l’engagement et le professionnalisme de 550 membres de la communauté universitaire directement impliqués en recherche.

Les professionnelles et professionnels de recherche dépendent directement de ces fonds et de surcroît, leur obtention est reliée à la qualité du travail de ces professionnelles et professionnels de recherche puisque nous sommes des acteurs incontournables de ces fameuses équipes de recherche.

En fait, si on se réfère à l’Étude sur la situation des professionnelles de recherche du Québec,  le rôle que jouent les professionnelles et professionnels de recherche dans la production du savoir, du transfert des connaissances, et du soutien aux étudiants des cycles supérieurs sont majeurs. Ces mêmes professionnelles et professionnels de recherche sont coauteurs d’une majeure partie de tout ce qui se publie au Québec en sciences fondamentales.

Ensuite, soulignons que malgré ces sommes investies en recherche et tous ces beaux discours, les professionnelles et professionnels de recherche du Centre de recherche de Saint-François d’Assise (CRSFA), faisant partie du CRCHU de Québec, sont sans convention collective de travail depuis près de deux (2) ans. La direction de la recherche étant incapable de déposer une offre salariale sérieuse s’acharnant à présenter des scénarios de fin du monde pour la recherche fondamentale.

Vous comprendrez que le discours de la direction du CRCHU de Québec, qui est affilié à l’Université Laval, est bien différent de la Une du Soleil d’aujourd’hui. Sans compter que cette même direction met en péril toutes les équipes de recherche du Centre de recherche de l’Hôtel-Dieu de Québec (CRHDQ) en fermant l’animalerie de ce site. Un choix qui pourrait avoir des effets dévastateurs sur les résultats de demandes de fonds des équipes présentes au CRHDQ.

Peut-être que les décideurs du monde de la recherche fondamentale à l’Université Laval gagneraient en crédibilité s’ils harmonisaient leurs discours publics sur les réalités vécues par les membres de la communauté universitaire et plus spécialement en soignant ses relations de travail avec les professionnelles et professionnels de recherche dont la grande précarité en emploi fait craindre le pire pour la relève scientifique et pour la qualité de la recherche au Québec.

Luc Caron
Président SPPRUL-CSQ